« L’Organisation des Nations-Unies et les différentes missions de maintien de la paix et de la sécurité en Afrique ne déméritent pas mais elles doivent être reformées », ont reconnu les différents intervenants au sixième Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique qui s’est clôturé le 19 novembre.
Les présidents sénégalais et mauritanien ont appelé tour à tour les Nations unies à se réformer et ont réclamé un mandat renforcé pour la mission de l’ONU au Mali
« Il urge vraiment qu’il y ait une réforme sur le système d’opération de maintien de la paix dans les zones où le terrorisme sévit », a déclaré le président sénégalais, Macky Sall.
Invité d’honneur de ce rendez-vous annuel, le tout nouveau président de la Mauritanie. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a également plaidé pour le renforcement des forces armées sous-régionales : « Des forces régionales mobiles, plus légères et connaissant mieux le terrain doivent être davantage privilégiées comme réponse plutôt qu’une force lourde et statique avec un mandat souvent limité et coûteux. L’ONU doit ainsi donné un mandat plus robuste et un financement plus pérenne aux forces sous-régionales telles que la force conjointe du G5 Sahel. »
Pour le premier ministre Français, « les armées conventionnelles aussi courageuses, aussi nombreuses soient-elles, ne pourront totalement jamais vaincre l’ennemi que nous combattons. Les Etats ont besoin de stabilité pour se développer ». Selon Edouard Philippe : « l’idéal en terme de stratégie, serait de combiner actions militaires, diplomatiques et aides au développement économique et social ».
Face à l’ampleur de l’insécurité au Mali et au Burkina Faso, certains participants doutent encore de l’adhésion de tous les acteurs au multilatéralisme. La sixième édition du Forum International de Dakar a promis également de relever entre autres défis, la fin de l’impasse en Lybie et la bonne gouvernance.
Le Forum de Dakar s’est clôturé par une conférence de presse animée par les ministres des affaires étrangères et de la défense d’Etats africains unis dans la recherche de solutions concrètes pour la paix et la sécurité sur le continent. Le ministre des affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur, Amadou Ba a décliné les ambitions du Sénégal. « Avec le Forum, il ne s’agissait pas d’une conférence de chefs de l’Etat. Le Sénégal n’a pas de problème pour mobiliser les chefs de l’Etat ».
Il a rappelé que le gouvernement sénégalais n’avait pas engagé d’actions diplomatiques pour inviter des chefs de l’Etat à cette rencontre, excepté celui de la Mauritanie voisine. Déclinant la vision et l’ambition du Chef de l’Etat et de son gouvernement, Amadou Ba a fait savoir que le Sénégal ambitionne de faire du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, un rendez-vous incontournable d’échanges sur les questions sécuritaires.
« Nous avons fait le choix. Notre souhait, c’est d’œuvrer pour que le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité soit le Davos de la paix et de la sécurité », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de clôture de la sixième édition du forum.
Amadou Ba a ainsi salué la libre expression des idées des experts et autres participants à cette rencontre internationale sur la paix et la sécurité. « Les débats ont été très ouverts. Les experts, ministres, généraux, universitaires ont débattu avec liberté », s’est-il félicité.