Au moment où le Congo prenait la tête de l’organisation, le 19 juillet 2017 à Brazzaville, en marge du 7e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, pour un mandat de deux ans, personne ne pouvait croire à une éventuelle régression de la conflictualité endogène et autres problèmes auxquels la région est confrontée. Aujourd’hui, en dépit des défis qui restent à relever, les pays des Grands lacs notent « plusieurs développements positifs » aux plans sécuritaire, diplomatique, politique, économique et sanitaire.
Dès le début de son mandat, placé en lien avec la nécessité d’accélérer le règlement des conflits dans certains Etats membres de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (Cirgl), le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, et ses pairs de la région ont mené des actions visant à faire de cet espace communautaire un havre de paix.
Ce qui a permis que des avancées significatives soient enregistrées dans plusieurs pays. C’est le cas du Burundi, grâce à la rencontre entre le gouvernement et l’opposition, de la République démocratique du Congo, avec l’installation des institutions issues du processus électoral, du Soudan avec la mise en place d’une transition consensuelle, du Soudan du Sud du fait des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’accord de paix revitalisé en septembre dernier à Khartoum. S’y ajoutent la résolution pacifique du différend qui opposait l’Ouganda au Rwanda ; des mesures de réconciliation engagées par le président kenyan, Uhuru Kenyatta, avec l’ancien Premier ministre Raila Odinga, dans le but de consolider la paix et la stabilité dans leur pays.
Au sujet du mauvais vent qui avait failli mettre à mal l’axe diplomatique Kampala-Kigali, depuis février, il relève dorénavant du passé grâce à l’accord signé, le 21 août, à Luanda, en Angola, entre les deux parties sous l’égide de la Cirgl. Ce document portant sur la sécurité et la coopération dans la région des Grands lacs dont les présidents ougandais, Yoweri Museveni, et rwandais, Paul Kagame, sont signataires, a effacé d’un trait les rancœurs entretenues de part et d’autre. Les présidents Félix Tshisékedi de la RDC, Joao Lourenço d’Angola et Denis Sassou N’Guesso du Congo qui s’étaient fait le devoir d’accompagner la dynamique de paix enclenchée dans l’espace communautaire avaient également apposé leur signature sur le document.
A l’origine du conflit entre les chefs d’Etat rwandais et ougandais, le fait qu’ils s’accusaient mutuellement : le premier reprochait à l’autre de soutenir les rebelles rwandais opérant dans l’est de la RDC afin de déstabiliser les institutions de son pays. Ce que démentait le second.
Le mérite du règlement pacifique de ce différend revient aux dirigeants des pays de la Cirgl, en général, et particulièrement au chef de l’Etat congolais qui assure la présidence de l’organisation, pour son rôle ayant consisté à prévenir et gérer les crises sur le continent africain. Cet effort consenti pour mettre fin au conflit larvé entre Ougandais et Rwandais, sans lequel le pire aurait pu arriver pour toute la sous-région d’Afrique centrale, est apprécié partout.
Combattre les forces négatives et l’épidémie d’Ebola en RDC
A ces efforts accomplis s’ajoutent ceux menés pour neutraliser les « forces négatives » qui écument l’est de la RDC. Les dirigeants de la Cirgl n’ont, en effet, ménagé aucun effort pour réduire les tensions récurrentes dans cette partie du pays. Et le mini-sommet ayant réuni, le 31 mai, à Kinshasa les chefs d’Etat d’Angola, de la RDC, du Rwanda et du Congo obéissait à cette logique. Il s’agissait de donner une nouvelle impulsion à la dynamique de paix en créant des conditions propices à la stabilité régionale.
Au plan sanitaire, des mesures idoines ont été prises avec l’appui des partenaires dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit en RDC, aboutissant à sa « décrue ». Par ailleurs, la Cirgl a renforcé la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles qui a une incidence sur la sécurité et la paix dans la région. Une réunion du réseau de coopération judiciaire en la matière, organisée le 4 avril dans la capitale congolaise, s’inscrivait dans le cadre de cette démarche.
La situation qui prévaut actuellement au sein des pays de l’organisation est saluée par le secrétaire exécutif de la Cirgl, Zachary Muburi-Muita, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands lacs, Xia Huang, et le représentant spécial du président de la commission de l’Union africaine pour la région des Grands lacs, Basile Ikouébé. De même, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Santé en expriment leur satisfaction. « Nous nous sommes félicités de la transition démocratique en République démocratique du Congo, des accords conclus entre les rebelles et le gouvernement au Soudan du Sud, la même chose pour la République centrafricaine », sans oublier l’évolution de la situation au Soudan, soulignait par exemple Zachary Muburi-Muita, qui s’exprimait le 30 juillet à Brazzaville après avoir été reçu par le chef de l’Etat congolais.
« Il y a des accords qui ont été signés un peu partout en vue du règlement des crises », notait de son côté Basile Ikouébé, le 16 octobre, à l’issue de l’audience que le président de la République lui avait accordée avec les ministres des Affaires étrangères de la Cirgl, venus participer à la réunion du comité interministériel régional des pays membres de la communauté.
C’est fort de ce résultat que le chef de l’Etat congolais a affirmé, le 17 décembre, dans son message sur l’Etat de la Nation, devant le Parlement réuni en congrès, que « le Congo s’est acquitté honorablement » de son mandat à la tête de la Cirgl. « Le mandat à la présidence de la Cirgl s’est déroulé de manière fructueuse, l’impulsion donnée et les initiatives prises sous notre autorité ayant contribué à l’aboutissement heureux du processus électoral en République démocratique du Congo et à l’apaisement dans la sous-région », a-t-il précisé.