Turquie : Inquiétude de l'UE après le feu vert à Erdogan sur un déploiement de l'armée en Libye

Vendredi, Janvier 3, 2020 - 15:55

L'Union européenne a exprimé vendredi son inquiétude après l'autorisation donnée la veille par le parlement turc au président Recep Tayyip Erdogan d'un déploiement de l'armée en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli.

« L'UE réaffirme sa conviction ferme qu'il n'existe pas de solution militaire à la crise libyenne", a indiqué vendredi dans un communiqué le porte-parole du Haut représentant des Affaires étrangères. Les actions pour soutenir ceux qui se battent dans ce conflit ne peuvent qu'entrainer une déstabilisation accrue du pays et de la région, a estimé le porte-parole.

L'UE appelle au respect de l'embargo sur les armes de l'ONU et à soutenir les efforts de l'émissaire des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, qui seraient selon elle "la seule voie vers une Libye en paix, stable et sûre".

Les députés turcs ont voté jeudi une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli, une mesure qui risque d'aggraver le conflit fratricide déchirant ce pays.

Donald Trump a aussitôt mis en garde, dans une conversation téléphonique avec son homologue turc, contre toute ingérence étrangère susceptible de compliquer la situation en Libye. Israël, Chypre, l’Egypte, la Grèce ont aussi dénoncé une "menace dangereuse pour la stabilité régionale".

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé vendredi Ankara à ne pas franchir de "ligne rouge" dans le contentieux sur un accord maritime turco-libyen auquel Athènes est vivement opposé. "Nous ne permettrons aucune activité turque violant les droits souverains de la Grèce", a indiqué le Premier ministre, dont le pays a dénoncé l’accord signé fin novembre entre Ankara et le gouvernement libyen d'union (GNA) qui délimite les frontières des deux pays.

Les responsables turcs soutiennent qu'en vertu de cet accord, la Turquie pourrait étendre ses frontières maritimes dans une zone de Méditerranée orientale où d'importants gisements d'hydrocarbures ont été découverts ces dernières années.

Athènes a condamné à plusieurs reprises l'accord maritime au motif que la Turquie et la Libye ne partagent aucune frontière maritime commune. La Grèce a aussi appelé les Nations unies à faire de même.

D'après AFP
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