Dans l’optique de renforcer les actions visant à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts et le changement climatique, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé le 29 janvier à Rome, en Italie, la première plateforme de surveillance des forêts des pays en développement.
Selon l'institution onusienne, cet instrument est une initiative mondiale pour l’observation des forêts. Il est destiné à aider les pays en développement à mieux lutter contre le changement climatique. Car, d’après une enquête réalisée en août 2019, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent largement au changement climatique. Les forêts et l'utilisation des sols représentent environ treize pour cent des émissions totales nettes du dioxyde de carbone induit par les hommes.
« La plupart de ces émissions proviennent de la déforestation et de la dégradation des forêts. Ainsi, le boisement, la gestion durable des forêts et la diminution de la déforestation participent à faire des forêts la solution la plus immédiate pour lutter contre le changement climatique. D’autant plus, en grandissant les forêts éliminent de grandes quantités de carbone de l'atmosphère », souligne la FAO, en précisant que cette plateforme est un guichet unique qui donne accès à des informations sur plus de quatre cents activités de surveillance des forêts dans environ soixante-dix pays en développement, notamment ceux de l'Afrique, de l'Asie et le Pacifique, de l’Amérique latine et les Caraïbes. « Les utilisateurs de ce portail peuvent rechercher les informations par pays ou par région, par type d'activité de surveillance des forêts ou encore par donateur. Récolter de meilleures informations sur les forêts et les rendre disponibles sont des leviers essentiels pour soutenir les pays et la communauté internationale dans leurs efforts pour définir des actions ciblées et efficaces face au changement climatique », a spécifié, le sous-directeur général de la FAO en charge du département des forêts, Hiroto Mitsugi, avant d’ajouter que cette stratégie permettra aux gouvernements et aux donateurs d’identifier les lacunes, de partager les ressources, d’éviter des duplications et d’explorer des opportunités afin de mieux répondre aux défis auxquels les pays sont confrontés pour élaborer leur propre système national de surveillance de leurs forêts.
Pourquoi la surveillance des forêts ?
Justifiant le bien-fondé de cette initiative, l’un des responsables de la FAO a précisé qu’elle est née d’un constat selon lequel, les pays subissent de plus en plus de pressions à fournir des informations ajournées et transparentes sur leurs forêts et sur les émissions de gaz à effet de serre. Alors que ces informations servent à répondre aux objectifs et aux cibles définis à l'échelle internationale, comme ceux de l'accord de Paris sur le changement climatique et le Programme de développement durable à l'horizon 2030.
Notons que ce portail a été conçu et alimenté par l'Australie, l'Allemagne, la Norvège, la Grande-Bretagne, le Programme Silva Carbon des États-Unis, le comité international sur les satellites d'observation de la Terre (CEOS), l'Agence spatiale européenne (ASE), la FAO et la Banque mondiale.