Cameroun-France : échange téléphonique entre Emmanuel Macron et Paul Biya

Lundi, Mars 2, 2020 - 14:27

Après l'incident du 22 février au salon de l'agriculture, le président français Emmanuel Macron et son homologue camerounais se sont longuement entretenus au téléphone sur la crise du Noso.

Paul Biya et Emmanuel Macron " ont évoqué la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ils se sont accordés sur la nécessité d'une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest", a indiqué la présidence française. Certaines ONG ont affirmé et porté à la connaissance de l'opinion internationale, notamment aux instances onusiennes et européennes les faits suivants : le 14 février, des hommes armés - 40 à 50 portant tous des uniformes de l'armée et certains masqués, avaient attaqué le quartier de Ngarbuh, dans la localité de Ntumbo, avant de tuer par balle et brûler des habitants.

L'ONU a demandé une enquête indépendante et impartiale, préoccupée que ''15 enfants dont neuf âgés de moins de cinq ans, font partie des 23 victimes''. Il est révélé aujourd'hui que '' dans la liste des personnes supposées tuées à Ngarbuh, on retrouve des femmes et les enfants qui vivent depuis trois ans à Yaoundé". Une femme se serait plaint sur une radio de la capitale, de voir son nom sur cette liste", alors qu’elle a quitté la localité depuis deux ans. "En plus, d’autres noms sont bien connus dans les listes des réfugiés internes à Bamenda, Douala et Yaoundé".

Dans un point presse datant du 27 février, le gouvernement camerounais s'est insurgé contre un rapport de l'ONG Human Rights Watch ( HRW) du 25 février " manifestement partial et essentiellement à charge contre les forces nationales de défense et de sécurité''. Le gouvernement camerounais déplore l'empressement de HRW et d'autres ''groupuscules'' à commettre un rapport alors que le président Paul Biya a commandité une enquête. Il note également un ''activisme politique'' de certains groupes proches de certaines ONG, qui font des enquêtes de salon, " sans la moindre descente sur le terrain, ni une quelconque investigation".

La présidence camerounaise a réagi aux "propos surprenants" peut-être envahi d'émotion et humaniste du président français, du 22 février, répondant à une personne vraisemblablement un Camerounais, en situation irrégulière accusant à ''tout va'' le pouvoir camerounais, qui à son tour, a rappelé que le président camerounais ''est comptable de son action devant le seul peuple camerounais souverain et non devant un dirigeant étranger, fut-ce un ami".

En toute sagesse, les deux chefs d'Etat ont ''convenu de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national, en particulier la mise en place d'un statut spécial pour les régions» du Nord-Ouest et du Sud-Ouest '', à indiqué l'Élysée. Les Hommes passent, mais la Fraternité et l'amitié demeurent, ciment des relations humaines et même des nations.

Noël Ndong
Notification: 
Non