L’ex-Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, candidat à la présidentielle d’octobre prochain, a été condamné à vingt ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux » par le tribunal correctionnel d’Abidjan au terme d’une audience boycottée par ses avocats et tenue à huis clos.
Le procureur a requis, entre autres, une amende de 4,5 milliards FCFA d’amendes (6,9 millions d’euros), la confiscation de la résidence de Guillaume Soro et la privation de droits civiques pour cinq ans. En réaction à cette décision rendue par une justice qu’il estime aux ordres, Guillaume Soro, dans un communiqué, a tenu à rassurer ses partisans en ces termes: « Je reste candidat à la présidentielle et je gagnerai. C’est une sentence qui ne nous émeut absolument pas », s’exclamait l’ancien allié du président Alassane Ouattara.
Et d’ajouter : « La parodie de procès à laquelle nous avons assisté ce jour est la preuve ultime que l’Etat de droit est définitivement enterré par Alassane Ouattara. Cet homme qui porte aujourd’hui avec beaucoup d’aisance les habits de dictateur, qui soumet la justice à sa botte et commande des sentences de mise à mort politique contre ses rivaux afin de les exclure de la compétition électorale, incarne la pire version du dirigeant africain ». L’entourage de Guillaume Soro explique : « Ce dernier a reçu cet argent dans le cadre d’une opération de dédommagement engagée sous la présidence de Laurent Gbagbo .»
En effet, après les accords de paix de Ouagadougou en 2007, plusieurs personnalités ivoiriennes et étrangères, dont les biens avaient été dégradés par des « patriotes », ont ainsi été dédommagées. Outre Guillaume Soro, l’épouse de Blaise Compaoré, Chantal, ainsi que le président Alassane Ouattara ont bénéficié de ce dédommagement. L’opération avait été encadrée par Charles Koffi Diby, alors ministre de l’Économie et des Finances, et Marcel Amon-Tanoh, alors ministre de l’Urbanisme. Un nouveau mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de Guillaume Soro qui se voit ainsi interdit de se présenter à la présidentielle d’octobre.