Journée internationale de la photographie : entre art et modernité !

Vendredi, Août 21, 2020 - 13:40

Il y a environ deux siècles naissait la photographie, cet art commémoré le 19 août de chaque année. Au départ considérée comme l’apanage des professionnels désireux d’immortaliser avec brio l’instant présent, la photographie s’est progressivement ouverte à tous au vu de toutes les mutations qu’elle a subies au fil du temps.  

De la photographie en noir et blanc à la photographie en couleur, l’histoire de la photographie retrace les étapes qui jalonnent l'évolution du procédé photographique depuis son invention jusqu'à nos jours.

L'invention de la photographie nécessitait, d'une part la réalisation d'un dispositif optique permettant la création de l'image, et d'autre part de fixer cette image sur un support pérenne par un processus chimique irréversible. Les usages de cette technique ont évolué et sa dimension artistique, reconnue par tous, n’est plus à prouver aujourd’hui. Compte tenu de la crise sanitaire liée au coronavirus qui sévit en ce moment, aucune activité majeure n’a été organisée pour cette journée au Congo.

Prise de tête entre professionnels et amateurs

Depuis plusieurs années, les professionnels du secteur de la photographie se plaignent du fait que le métier est envahi par des amateurs, à savoir ceux n’ayant aucune maitrise de la discipline et d’autres qui usent désormais des smartphones pour capturer des images. Pour eux, le métier tend à disparaitre peu à peu car l’audience n’est plus comme auparavant.  

Par ailleurs, certains photographes professionnels déplorent le fait que le métier, autrefois source de revenu, n’est plus en mesure d’arrondir leur fin de mois. « Pour la plupart, nous avons commencé ce métier très jeune et avons vieilli dans ce domaine. Donc, c’est très dur de se reconvertir dans autre chose », déplore Eugène Ampio, la quarantaine révolue et photographe basé à Brazzaville. De son côté Blaise Obéko, un ancien photographe de la place, a dit s’être détourné du métier, depuis 2017, pour se focaliser vers d’autres horizons dans le but de satisfaire aux besoins de sa famille.

Pour Dorcas Ossibi, une jeune adolescente brazzavilloise éprise des sciences modernes, « la technologie est venue nous faciliter la vie. Au lieu de faire venir un photographe durant une manifestation qui pourrait me taxer des frais exorbitants, je peux faire de très belles photos de qualité avec mon smartphone et les imprimer au besoin ».

Aujourd’hui, les structures de photographie professionnelles tendent à disparaître au profit de quelques jeunes photographes ambulants et amateurs qui arborent les espaces publics à la recherche d’occasions festives ou de cérémonies où leurs services seront sollicités.

La photographie artistique en plein essor

Entre génie et abstraction, peindre autrement en transposant sans déformer, la photographie artistique révèle le côté rêveur de la discipline à travers le réel. Avec autant de sensibilité que de modernité, la photographie artistique a révolutionné le domaine en attirant de plus en plus d’adepte dans le monde, surtout au cours de ces dernières années.

A Brazzaville, par exemple, la photographie artistique est très rentable pour ces jeunes, hommes comme femmes, qui ont migré vers le métier par passion ou enthousiasme. « J’étais un adolescent assez réservé et tenir l’appareil m’a aidé à m’affirmer vis-à-vis du monde extérieur. L’appareil photo est devenu une part de moi, mon compagnon, mon intime. J’ai investi la photographie avec bien plus de curiosité et de goût que pour d’autres disciplines que j’appréciais telle le dessin. Puis les reconnaissances, partages et sollicitations s’en sont suivis et aujourd’hui, cela prouve à suffisance que je ne me suis pas trompé de chemin. D’autant plus que le gain est considérable », nous a confié Stive Stratus.

Que ce soit à l’occasion des festivals ou expositions, cette tendance génère d’énormes profit et demande beaucoup d’aptitudes, contrairement à ce que pensent certains. « Comme son nom l’indique, la photographie artistique est devenue très compétitive. Pour être reconnu et plébiscité dans la masse en tant que professionnel, il faut être créatif. A cause de la technologie qui évolue, nous devons continuellement apprendre pour fidéliser la clientèle », a révélé Lebon Zed.

Confrontés comme d’autres secteurs à l’impact de la Covid-19 sur leurs activités, ces artistes tentent du mieux qu’ils peuvent, à travers des prestations au compte-gouttes, de satisfaire la clientèle et de combler leur déficit financier du moment.

Merveille Jessica Atipo
Légendes et crédits photo : 
Percevoir le monde à travers les objectifs d'un appareil photo/DR
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