Le média Dirigeantes, leadership au féminin en collaboration avec le cabinet Afrique RSE Congo, a organisé le 1er mars à Brazzaville, un dîner débat des dirigeantes (4D) sur le thème : « Les enjeux et défis de la féminisation des postes pour les entreprises et les institutions ».
La 13ème édition de ses débats avait pour objectif de briser les tabous qui plombent encore l'accès des femmes dans le monde professionnel notamment à des postes de décision et de responsabilité et qui les empêchent d'avoir de brillantes carrières malgré la pluralité des débouchés existants. Au cours de cette session d’échanges, il s’est agi d'explorer en profondeur les différents aspects de cette question cruciale qui de nos jours figure plus que jamais au cœur des discussions.
En effet, la féminisation des postes, qu'il s'agisse de postes de direction, de gestion ou de tout autre domaine clé dans l'entreprise, est devenue un enjeu majeur pour la transformation des organisations et la société dans son ensemble. Si des progrès ont été réalisés ces dernières années, force est de constater que des défis persistants subsistent. Les femmes restent encore sous-représentées dans les postes de direction et font face à de nombreux obstacles pour accéder à des postes de responsabilité. Une avancée qui se voit freiner par notamment des stéréotypes, des biais inconscients et parfois des structures organisationnelles rigides.
Pour ce faire, des panélistes aguerries à savoir la professeure Francine Ntoumi, mesdames Danielle Hayko Baclet, Vanessa Obambi et Marina Nzomambou ont chacune tour à tour décortiquer, partager leur expertise, leurs expériences et leurs points de vues sur comment surmonter ces défis, comment encourager une transformation inclusive au sein des entreprises et quel rôle chacun d'entre nous peut jouer dans cette dynamique. Dans le même élan, elles ont apporté une perspective unique et précieuse sur le sujet essentiel et fondamental.
Il faut croire que ce temps d’échanges a permis au public d’être étayées par les intervenantes et de mieux cerner les contours et l’essence de cette problématique.
Lors de cette édition, une présentation du baromètre des enjeux et défis de la féminisation des postes a été faite par Thierry Tene, co-fondateur de doing good in Africa, directeur du groupe Afrique RSE. Selon l’étude menée sur cette thématique grâce à un sondage de 84 participants, il ressort que 51 soit 60,71% des entreprises n’ont pas de politique de féminisation des postes et 30, soit 35, 71 % ont en. S’agissant de la féminisation de l’assemblée nationale, sur 151 sièges, 21 sont occupés par des femmes soit un taux de 13, 91%. Du côté du sénat, sur les 71 sièges, 22 sont occupés par des femmes pour un taux de 30, 99% et enfin sur 38 ministres au gouvernement, seulement 8 femmes sont ministre soit un taux de féminisation de 21,5%. Ce résultat reflète ainsi une sous-représentation significative des femmes dans les sphères de décision au Congo, malgré des efforts pour promouvoir l'égalité des genres.
Quelles mesures pour réussir la féminisation des postes ?
À ce niveau, Bel Lauretta Tene, associée et directrice générale d’Afrique RSE Congo a indiqué que la première mesure est l'adoption de loi sur la féminisation. Il faut par-là suite à telle renchérie attaquer la base : éduquer les jeunes filles par des sensibilisations et la présentation des rôles modèles, les pousser aussi à s'intéresser aux filières scientifiques, Techniques, ingénieurs et mathématiques. « Du côté des femmes, il faut augmenter l'ambition. Ce n'est pas mauvais d'être ambitieuse et très ambitieuse. Je sais une chose, c'est l'ambition qui détermine la vision. La Professeure a martelé là-dessus. Et elle est très ambitieuse. Pour être à son niveau, il faut être une femme qui a le goût du risque et qui aime les challenges. », a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter : « A côté de ces mesures, il y a la conciliation vie privée et vie professionnelle qui est un très gros frein pour les femmes. Sachez-le, le choix du partenaire est très capital car il peut bloquer votre destinée ou la propulser. Le poids des enfants et le manque d'aide (nounou, C’est ménagères) est également l’un des freins pas phares. D'ailleurs c'est l'un des principaux freins à la féminisation selon les résultats du baromètre que nous avons réalisé et présenté lors de cette soirée ».