Modernisation de la pêche : hisser Mossaka au rang de pôle d’excellence national

Vendredi, Mars 7, 2025 - 18:13

Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Paul Valentin Ngobo, qui a assisté récemment à la présentation des produits de la première campagne de pêche à Mossaka, a dévoilé les intentions du gouvernement de hisser le chef-lieu du futur département Congo-Obangui au rang de pôle d’excellence national.

Pour concrétiser l'ambition gouvernementale, Paul Valentin Ngobo a annoncé la modernisation des pratiques de pêche grâce à l’implantation des unités de fumage et de congélation des poissons en vue de valoriser la production et le renforcement sinon la structuration des coopératives pour conquérir les marchés de Brazzaville, Pointe-Noire et au-delà. « C’est un objectif que nous comptons concrétiser dans le cadre du prochain projet avec la Banque mondiale. Il est essentiel que les pêcheurs s’organisent en coopérative car il est bien plus facile d’accompagner un groupe partageant des ressources communes qu’un ensemble d’individus isolés. Ensemble, vous êtes forts, plus efficaces et mieux préparés pour répondre aux exigences du marché », a-t-il rappelé.

Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a également déploré le comportement de certains pêcheurs qui, par nécessité ou négligence, utilisent encore des filets aux mailles trop serrées, remontent des poissons trop jeunes et menacent ainsi la renaissance de la pêche à Mossaka. Selon lui, cette surpêche consistant à capturer les juvéniles avant leur reproduction est un contrat toxique avec l’avenir. Promettant d’intensifier les contrôles, Paul Valentin Ngobo a appelé à la sagesse des gardiens du fleuve.

« Chaque maille réglementaire respectée, chaque poisson immature relâché, c’est un acte de résistance contre la famine de demain. Le président de la République a fait de la protection de nos ressources une priorité. Mossaka doit être un modèle de pêche responsable et cela commence avec vous les premiers acteurs de cette filière. Il est temps de dire non aux pratiques destructrices qui compromettent l’avenir de nos enfants, ceux qui pillent sans repit nos ressources, qui braconnent en toute impunité, prennent en otage l’avenir de toute la communauté. Nous ne pouvons pas laisser faire, je vous invite à être les gardiens de nos rivières, à signaler ces pratiques. Ce n’est pas une affaire de répression mais de survie collective », a-t-il exhorté. Il a précisé que des gens ayant choisi de détruire le patrimoine national ne doivent pas attendre du gouvernement qu’il finance leur irresponsabilité.

Une moisson assez abondante

Le ministre en charge de la Pêche qui a offert le 24 août 2024 des lots de matériel de pêche à une vingtaine de coopératives a assisté à la présentation des produits retirés des eaux. Au terme de la pêche, les coopératives ont pu obtenir 561 mallettes de poissons salés, 219 de poissons fumés et quatre congélateurs de 300 litres chacun de poissons frais. Une moisson qui contribue tant soit peu à l'amélioration des conditions de vie des pêcheurs et à la réduction du prix du poisson sur le marché́ ecomme. « Le matériel que le gouvernement nous avait offert a été d'une importance capitale car il a renforcé notre productivité. Le don du ministre a amélioré nos conditions de pêche, c’est pour cela que vous constatez que nous n’avons pas augmenté les prix. Nos parents nous ont élevés à travers les produits de la pêche, le pêcheur est autonome, il ne dépend pas de quelqu’un. Je demande à ceux qui nient la pêche de s’y intéresser maintenant au lieu de se livrer à des activités dont ils n’ont pas la maîtrise », a invité le président du groupement "Union fait la force" de Likendzé, M. Ekognia.

Paul Valentin Ngolo, de son côté, a rappelé que la dotation des coopératives des pêcheurs de Mossaka en kits de pêche s’inscrit dans le cadre de la transformation de l’économie par l’autonomisation des territoires. Il s’agit, a-t-il expliqué, d’un investissement important symbolisant la priorité absolue accordée par le président de la République au développement des activités de pêche et de production halieutique de manière générale. « Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous avons dynamisé vingt et une coopératives qui ont, entre autres, produit 219 mallettes de poissons fumés et le tout est chiffré à au moins 31 millions FCFA. Camarades pêcheurs, ce succès ne constitue qu’une étape », a-t-il laissé entendre.

Parfait Wilfried Douniama
Légendes et crédits photo : 
1- Les poissons salés sur l’étale/ Adiac 2- Une vue de Mossaka/Adiac
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