Patrimoine : échanges et discussions autour des masques africains

Samedi, Mars 8, 2025 - 09:19

Le colloque exposition itinérante sur les masques africains, initié par la galerie-musée Makouiza, a été ouvert le 6 mars au musée Cercle africain de Pointe-Noire, en présence de Gustave Mavoungou, directeur départemental du Patrimoine et des Archives.

Tenue sur le thème « Le langage des masques », la première édition du colloque a réuni, du 6 au 8 mars, historiens, chercheurs, élèves et étudiants... autour du masque. Elle a été initiée pour dire au public que les masques constituent des éléments de nos traditions, de notre culture et tiennent toujours leur rôle social et historique. Ce colloque a aussi eu le mérite de rappeler au public que les masques ne doivent aucunement être diabolisés en les faisant passer pour des objets sans valeur, de décoration, qui font peur ou des objets utilisés par les marabouts, des charlatans, guérisseurs communément appelés « Nganga ».

Bien au contraire, les masques sont ce patrimoine traditionnel et historique d’un pays. « Tenant compte du contexte actuel dans lequel les masques africains sont méconnus du public et souffrent de plusieurs stéréotypes, nous avons jugé opportun de créer un cadre de vulgarisation de notre héritage culturel. Ce déficit informationnel contribue à la stigmatisation des masques de la part d’une partie importante de la société. Ceci entraîne le peu d’affluence du public dans les musées », a regretté Dilov Faouziukam Banzouzi, directrice du musée Makouiza. « Depuis des millénaires, les masques traditionnels africains font partie intégrante de nos sociétés du fait de leur participation historique lors de la célébration d’événements importants de la vie, de grandes cérémonies puis dans la préservation des valeurs », a-t-elle rappelé.

Selon elle, les masques africains font l’objet de recherches anthropologiques dans de nombreuses institutions culturelles et scientifiques à travers le monde. Il est donc indispensable de mettre à la disposition du public toutes ces données en vue de son enracinement dans un monde de plus en plus globalisé.

Saluant l’initiative de la galerie-musée Makouiza, Gustave Mavoungou, directeur départemental du Patrimoine et des Archives de Pointe-Noire a dit: « La démarche du musée Makouiza, en ce qui concerne la valorisation des masques africains, est une action à saluer et à soutenir. Notre souhait est que les thèmes sur les trois masques Punu, Teké et Vili qui vont être présentés à cette première édition et bien d’autres encore sillonnent les écoles, les musées, les galeries, les espaces et centres culturels, les différents quartiers de notre ville afin que soit expliqué à la population leur importance, leur rôle social et toute l’histoire que chaque masque transporte ».

« Cette démarche rencontre bien la vision du ministère de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des  Loisirs qui mène des actions de fond dans la promotion et la valorisation de notre patrimoine. Nous en voulons, pour exemple, les travaux de construction du mémorial de l’esclavage à Loango sur le site de l’ancien port d’embarquement des esclaves. Une volonté visant à marquer la population congolaise et le monde entier sur la richesse de notre histoire. Ceci, pour faire un travail sur la mémoire, la transmission de notre patrimoine aux jeunes générations», a-t-il ajouté.

Enseignant et écrivain, Jean Nzoho a développé le premier thème du colloque, « Le masque Punu». Ses caractéristiques, son originalité, son rôle et son importance ont été les points saillants de la communication de l’orateur. Peints au kaolin blanc, de nombreux masques Punu portent des  scarifications. Au nombre de neuf, ces scarifications représentent les neuf clans de ce groupe ethnique, a t-il dit. Les communications sur le masque Teké et le masque vili ont été les autres thèmes du colloque. La musique traditionnelle et les contes ont agrémenté les différentes communications.

Signalons que l’organisation de ce colloque s’inscrivait dans le cadre du projet "Tudumukaanu" (Prenons l’envol) financé par l’Union européenne et piloté par l’Espace culturel Yaro de Pointe-Noire. Un appui qui a permis au musée Makouiza de mettre en œuvre le projet « Contribution au progrès de la connaissance et la recherche sur les arts antiques ». Ainsi, à travers le colloque, la structure muséale vise à développer des stratégies de médiation culturelle à l’endroit du public surtout des jeunes.  

Hervé Brice Mampouya et Lucie Prisca Condhet
Légendes et crédits photo : 
Jean Nzoho expliquant les caracteristiques du masque Punu/Adiac
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